Je croyais encore marcher à ses côtés...
- Cécile Mellah

- il y a 1 jour
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Dernière mise à jour : il y a 21 heures
Nous imaginons souvent que la violence commence lorsqu'une voix s'élève, lorsqu'une insulte est prononcée ou lorsqu'un geste est commis. Pourtant, je crois qu'elle peut parfois commencer bien avant, dans un endroit beaucoup plus discret. Elle naît peut-être au moment où une personne cesse progressivement d'être regardée comme un être humain, avec son histoire, sa volonté, ses émotions et sa liberté, pour devenir le support d'un objectif qui la dépasse.

Une personne est bien plus qu'un corps. Elle est un ensemble de souvenirs, de peurs, de rêves, de convictions, de limites et de choix. Rencontrer quelqu'un, c'est accepter de découvrir cet univers sans chercher à le modeler selon ses propres désirs. C'est reconnaître que l'autre possède une existence indépendante de la nôtre, qu'il peut vouloir autre chose, avancer à un autre rythme, dire non, changer d'avis ou partir. C'est précisément cette liberté qui fait de lui une personne.
La philosophe Martha Nussbaum, dans son article Objectification (1995), propose une réflexion devenue majeure sur la notion de chosification. Selon elle, une personne est « objectifiée » lorsqu'elle est traitée comme un moyen au service des objectifs d'autrui plutôt que comme une fin en soi. Cette transformation peut être progressive, parfois presque imperceptible.
Cette réflexion rejoint d'ailleurs un principe fondamental formulé plusieurs siècles auparavant par Emmanuel Kant : un être humain ne doit jamais être traité uniquement comme un moyen, mais toujours en même temps comme une fin en soi. Aucune personne ne devrait donc être réduite à ce qu'elle permet d'obtenir, aussi légitime que puisse paraître le but poursuivi.
On imagine volontiers que la chosification consiste uniquement à réduire une femme à son corps. Pourtant, cette définition me paraît incomplète. Le corps n'est souvent que l'aboutissement visible d'un mécanisme qui commence bien plus tôt.
Cette transformation ne se produit presque jamais d'un seul coup. Au départ, une femme est rencontrée comme une personne, avec sa personnalité. Puis elle devient quelqu'un d'intéressant, quelqu'un d'attirant. Peu à peu, le regard porté sur elle peut changer. Elle n'est plus seulement une personne que l'on découvre, mais un défi à relever, un objectif à atteindre, un moyen d'obtenir quelque chose. Son corps finit alors par occuper toute la place, jusqu'à parfois faire disparaître tout ce qui faisait d'elle un être humain singulier. C'est peut-être cela, le véritable processus de la chosification.
Il débute lorsque l'objectif de la relation cesse progressivement d'être la rencontre d'une personne. À partir de ce moment-là, une autre logique peut s'installer, souvent de manière silencieuse : comment parvenir à obtenir ce que je veux ?
Au départ, elle plaît, elle intrigue, elle attire. Puis, lorsqu'elle hésite ou résiste, quelque chose peut changer. Ce qui relevait jusque-là de la découverte devient progressivement un défi. Lorsque le refus n'est plus accueilli comme une réponse à respecter, mais comme une difficulté à contourner, convaincre ou faire disparaître, la dynamique de la relation change. Chaque hésitation appelle alors un nouvel argument, chaque peur une nouvelle manière de rassurer, chaque limite une nouvelle stratégie. Peu à peu, les émotions, les besoins et le rythme de cette femme cessent d'occuper le centre de la relation. Ce sont désormais les attentes et les intentions de l'autre qui en déterminent la direction.
Cela peut prendre des formes très ordinaires : revenir après un refus, proposer une autre manière de faire, promettre que rien ne se passera, présenter une nouvelle proposition comme plus rassurante ou plus raisonnable. Pris séparément, chaque échange peut sembler anodin. Mais lorsque le même objectif reste présent malgré les refus successifs, la limite n'est plus une réponse qui met fin à la démarche : elle devient un problème auquel il faut trouver une autre solution.
Tout commence parfois par une rencontre qui semble sincère. On écoute, on observe, on pose des questions, on paraît attentif. Cette attention peut donner le sentiment d'être profondément compris. Pourtant, il existe une différence fondamentale entre chercher à connaître quelqu'un et chercher à comprendre comment l'influencer. Dans le premier cas, chaque découverte rapproche deux personnes. Dans le second, chaque information peut devenir un levier.

Une peur devient une information. Une blessure devient une information. Une valeur devient une information. Une hésitation devient une information. Tout ce qui fait l'identité de l'autre peut progressivement être utilisé non pour mieux le respecter, mais pour mieux orienter ses décisions. Ce qui ressemblait à de la curiosité peut parfois devenir une stratégie.
En elle-même, cette connaissance n'a rien de problématique. Dans une relation saine, apprendre à connaître les peurs, les limites ou les aspirations de l'autre permet de mieux le comprendre et de mieux le respecter. C'est lorsque ces informations commencent à servir principalement une intention personnelle que le regard porté sur l'autre change profondément.
Dans cet article, certains exemples sont directement inspirés de mon histoire. J'appellerai ici Hans la personne dont je parle dans une autre partie de mon histoire, et Lago celle dont certains comportements illustrent plus directement le mécanisme que je décris ici. Ce sont évidemment des noms fictifs. Et pour les quelques lecteurs qui en reconnaîtront les références, disons simplement que ces deux prénoms n'ont pas été choisis par hasard.
Hans évoque pour moi cette manière d'apparaître exactement comme il faut pour être cru, de se faire une place dans la confiance de quelqu'un, de lui donner juste assez pour qu'il y croie, tout en gardant toujours une part de soi hors de sa portée.
Lago évoque pour moi cette manière d'observer, de calculer et de préparer les choses dans l'ombre, jusqu'à ce que l'autre découvre trop tard qu'il n'avançait pas tout à fait dans la même direction.
Plusieurs mois séparent ces deux histoires. Pourtant, certaines mécaniques se répondent.
L'attention peut elle aussi devenir un outil. Dans mon histoire avec Hans, j'ai connu cette alternance entre beaucoup d'attention et de distance, entre le sentiment de compter et celui de devoir à nouveau mériter cette place. Donner beaucoup d'attention, puis la retirer brutalement. Être présent, puis devenir distant. La personne peut alors devenir dépendante de ce que l'autre décide de lui donner. Son besoin d'être rassurée, comprise ou choisie peut devenir une source de pouvoir. Dans certaines relations, ce n'est même plus la personne qui est recherchée, mais la réaction qu'elle produit.
Il peut aussi s'agir de maintenir volontairement une ambiguïté. Avec Hans, je me suis parfois retrouvée à essayer de comprendre ce que signifiaient certains gestes, certains silences ou certains retours, plutôt qu'à simplement vivre la relation. Un rapprochement suivi d'une prise de distance, puis une remarque permettant de nier ce qui venait de se passer : la personne en face passe alors davantage de temps à essayer de comprendre la relation qu'à simplement la vivre. Peu à peu, elle peut devenir intéressante moins pour ce qu'elle est que pour la place qu'elle occupe dans le jeu émotionnel de l'autre.
À ce stade, la personnalité n'est plus toujours appréciée pour elle-même. Certaines caractéristiques deviennent intéressantes uniquement parce qu'elles semblent faciliter un objectif. La prudence devient un défi à surmonter. L'intelligence devient quelque chose qu'il faut convaincre. Les qualités de la personne cessent progressivement d'être admirées pour ce qu'elles sont ; elles sont évaluées pour ce qu'elles permettent éventuellement d'obtenir.

Je pensais aussi que ma prudence me protégeait. Je réfléchissais beaucoup, je posais des questions, je refusais certaines choses, je prenais mon temps. Pourtant, ce qui aurait dû être simplement les caractéristiques d'une personne avec laquelle on apprend à construire une relation pouvait aussi être regardé comme ce qu'il fallait progressivement contourner. Ce qui faisait de moi quelqu'un de difficile à convaincre pouvait devenir précisément ce qui rendait le défi intéressant.
Il existe une autre forme de défi, moins visible : réussir à obtenir une réaction, une attention, un attachement ou une place que l'autre ne voulait pas nécessairement donner. Dans mon histoire avec Lago, j'ai longtemps pensé que le fait de résister, de prendre mon temps et de ne pas être facile à convaincre faisait simplement partie de qui j'étais.
Avec le recul, je peux aussi comprendre comment ces caractéristiques pouvaient rendre la conquête plus intéressante. Plus elle semble difficile à atteindre, plus sa conquête peut devenir gratifiante. Ce n'est plus seulement « est-ce que cette personne me plaît ? », mais « est-ce que je réussirai à obtenir d'elle ce que je veux ? ». À partir de là, la personne risque de devenir le terrain sur lequel l'autre cherche à mesurer son pouvoir.
Il arrive également que cette logique ne s'installe pas progressivement. Dans certaines situations, elle semble être présente dès l'origine. La personne n'est alors jamais véritablement rencontrée pour elle-même. Ce qui attire n'est pas uniquement son apparence ou sa personnalité, mais aussi certaines caractéristiques qui paraissent rendre possible l'atteinte d'une finalité déjà imaginée. Sa confiance devient une opportunité. Son manque d'expérience peut être perçu comme une vulnérabilité. Sa bienveillance, son empathie, sa patience deviennent alors des caractéristiques qui semblent faciliter l'exercice d'une influence.
Dans cette logique, la question n'est plus réellement de savoir qui est cette femme, mais ce qu'il paraît possible d'obtenir d'elle.
C'est peut-être ici que se produit le véritable basculement. Tant que la volonté de l'autre est considérée comme aussi importante que la nôtre, nous restons dans une rencontre entre deux personnes. Mais lorsque cette volonté cesse d'être considérée comme déterminante pour la suite, la relation cesse progressivement d'être équilibrée. Elle devient une entreprise de persuasion orientée vers un but prédéfini.
Le rapport de force peut également changer lorsque le cadre change. Dans mon histoire avec Lago, je pensais encore être dans une situation où je pouvais décider librement de la suite lorsque le contexte a progressivement changé. Un lieu public devient un lieu privé, une rencontre devient une situation isolée, et une décision prise dans un contexte rassurant devient beaucoup plus difficile à remettre en question une fois que le cadre a changé. Le cadre n'est alors plus neutre : il peut contribuer à rendre la personne plus dépendante des décisions de l'autre.
Avec Lago, il y a eu un moment où tout ce que j'étais, tout ce que je voulais et tout ce que je pouvais exprimer a
cessé de compter.

Je n'étais plus quelqu'un dont il fallait respecter les décisions, ni même quelqu'un qu'il fallait convaincre. Ma volonté était devenue secondaire face à la sienne. Mes refus, ma peur, mes pleurs, ma douleur : tout ce qui aurait dû arrêter ce qui était en train de se passer n'a plus suffi. À cet instant, ce n'était plus ce que je voulais qui déterminait la suite, mais uniquement ce qu'il avait décidé. Je n'étais plus regardée pour ce que je ressentais ou pour ce que j'étais, mais pour ce qu'il avait décidé de faire de moi.
C'est peut-être l'une des réalités les plus difficiles à comprendre dans la violence : il peut arriver un moment où l'autre ne cherche même plus à obtenir notre accord. Ce que l'on ressent, ce que l'on exprime, ce que l'on voudrait voir s'arrêter ne modifie plus son comportement. À partir de cet instant, ce n'est plus seulement une limite qui est franchie. C'est la personne elle-même qui est mise de côté.
Dans cette logique, un « non » n'est plus entendu comme une réponse complète. Il devient quelque chose à transformer, à justifier. Une hésitation n'est plus accueillie comme l'expression légitime d'un doute ; elle devient une étape avant un futur « oui ». Une limite n'est plus une frontière à respecter ; elle devient un problème à éliminer. Plus la personne résiste, plus les stratégies peuvent se multiplier : davantage de compliments, davantage de promesses, davantage de patience apparente, davantage d'insistance, de culpabilisation et de manipulation. Ce qui change n'est pas seulement le comportement ; c'est le regard porté sur l'autre.
Un refus peut être entendu sans être réellement accepté. Dans mon histoire avec Lago, malgré les pauses, les hésitations et les refus exprimés au fil des mois, la démarche vers ce qu'il voulait obtenir n'a jamais réellement disparu. On peut promettre de respecter une limite, proposer d'avancer autrement, rassurer suffisamment pour que la personne accepte finalement de continuer, tout en conservant exactement le même objectif. Le problème n'est alors pas seulement ce qui est dit, mais ce qui reste inchangé derrière les paroles. Si l'objectif demeure et que seule la méthode s'adapte, la personne risque de ne plus être considérée comme quelqu'un dont la décision détermine la suite, mais comme quelqu'un qu'il faut encore parvenir à convaincre.
Le jour où la volonté d'une femme devient un obstacle à franchir plutôt qu'une réalité à respecter, elle a déjà commencé à être chosifiée.
La violence n'apparaît pas soudainement au moment où le consentement est ignoré. Elle commence lorsque la liberté de l'autre cesse d'avoir la même valeur que son propre désir. Lorsque son rythme n'est plus respecté. Lorsque sa confiance devient un moyen. Lorsque son corps devient une destination.
Respecter le rythme de quelqu'un, ce n'est pas seulement attendre qu'il dise « oui ». C'est accepter qu'il puisse avoir besoin de plusieurs semaines, de plusieurs mois, ou finalement ne jamais vouloir franchir certaines étapes. C'est accepter qu'une décision puisse évoluer, qu'une envie puisse disparaître et qu'une limite puisse rester une limite. Lorsque le temps cesse d'être celui de la personne pour devenir celui de l'objectif poursuivi, la relation change déjà de nature.
C'est peut-être là que réside la différence fondamentale entre le désir et la chosification. Désirer une personne, c'est accepter qu'elle demeure libre, y compris lorsqu'elle refuse, hésite ou s'éloigne. La chosifier, c'est considérer que cette liberté ne vaut que tant qu'elle ne fait pas obstacle à ce que l'on souhaite obtenir.
Et peut-être que le plus difficile à comprendre est que cette disparition de soi ne s'arrête pas nécessairement lorsque la situation prend fin. Elle peut continuer à s'inscrire dans les gestes les plus ordinaires. Dans la manière de faire confiance, de poser une limite, de se retrouver seule avec quelqu'un, d'habiter son propre corps ou simplement de traverser une journée sans avoir peur. Certaines expériences ne nous détruisent pas seulement sur le moment : elles déplacent nos limites intérieurement, modifient notre rapport au danger, au contrôle et à la peur.

Elles peuvent nous apprendre à douter de notre propre corps, à rationaliser ce qui nous met mal à l'aise, à chercher des explications là où quelque chose en nous essaie simplement de dire que quelque chose ne va pas.
Et il y a dans tout cela une injustice que l'on oublie parfois. La personne qui a subi doit ensuite vivre avec les conséquences de ce qu'elle n'a pas choisi. La peur peut s'installer dans le quotidien, la confiance devenir plus difficile, voire impossible, et même son propre ressenti peut parfois lui sembler moins certain.
Elle doit faire tous ces efforts pour tenter de réparer les conséquences d'une violence qu'elle n'a jamais choisie. Pendant ce temps, la personne à l'origine de cette violence peut, elle, continuer sa vie. Et c'est peut-être l'une des choses les plus difficiles à accepter : devoir porter chaque jour les conséquences d'une décision que l'on n'a jamais prise.
Alors oui, il faut parfois se reconstruire. Mais il ne faudrait jamais oublier pourquoi. Ce travail n'est pas la preuve que l'on aurait pu faire autrement. Il est la conséquence de ce que quelqu'un d'autre a choisi de faire.
Peut-être est-ce là, finalement, la définition la plus silencieuse de la chosification. Non pas le moment où un corps est utilisé, mais celui où une personne cesse progressivement d'être rencontrée comme une fin en soi pour devenir le moyen d'accomplir un projet déjà imaginé. Lorsqu'un être humain n'est plus regardé pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il pourrait permettre d'obtenir, il ne reste plus deux libertés qui se rencontrent. Il ne reste plus qu'une volonté qui tente progressivement de prendre le pas sur une autre.
Je terminerai par cette citation :
« Agis de telle sorte que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. »
— Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs (1785).
Sources et références
La réflexion développée dans cet article s'appuie sur plusieurs travaux majeurs en philosophie et en psychologie.
Dans son article Objectification (1995), la philosophe Martha C. Nussbaum propose une analyse devenue une référence sur la notion de chosification. Elle montre qu'une personne peut être objectifiée lorsqu'elle est traitée comme un moyen au service des objectifs d'autrui plutôt que comme une fin en soi. Elle identifie notamment plusieurs dimensions de cette objectification : l'instrumentalisation, le déni d'autonomie, la fongibilité, la violabilité, la propriété, le déni de subjectivité et l'inertie. Ces différentes dimensions décrivent les manières dont une personne peut progressivement être considérée et traitée comme une chose plutôt que comme un sujet libre.
En psychologie, Barbara L. Fredrickson et Tomi-Ann Roberts ont développé l'Objectification Theory (1997), qui étudie les conséquences psychologiques de l'objectification sexuelle du corps des femmes. Leur théorie montre que l'intériorisation du regard porté sur le corps peut conduire à une surveillance accrue de son apparence, à la honte corporelle et à l'anxiété, et contribuer à différents risques pour la santé mentale, notamment certains troubles alimentaires, la dépression et les dysfonctions sexuelles.
Cette réflexion s'inscrit également dans la continuité de la philosophie morale d'Emmanuel Kant. Dans les Fondements de la métaphysique des mœurs (1785), il formule un principe qui demeure une référence centrale de l'éthique contemporaine : un être humain ne doit jamais être traité uniquement comme un moyen, mais toujours en même temps comme une fin en soi. Bien que Kant ne traite pas spécifiquement des violences sexuelles, cette exigence de respect de l'autonomie et de la dignité de chaque personne constitue aujourd'hui un cadre philosophique majeur pour penser les mécanismes de la chosification.
Références
Kant, I. (1785). Fondements de la métaphysique des mœurs.
Nussbaum, M. C. (1995). Objectification. Philosophy & Public Affairs, 24(4), 249–291.
Fredrickson, B. L., & Roberts, T.-A. (1997). Objectification Theory: Toward Understanding Women's Lived Experiences and Mental Health Risks. Psychology of Women Quarterly, 21(2), 173–206.



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